
C’est le titre d’une étude du Haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) qui invite à agir vite pour s’adapter à cette nouvelle réalité climatique en éclairant sur les bénéfices que chacun peut en tirer. Il insiste sur le rôle crucial des collectivités territoriales, moyennant des mécanismes de financement adaptés. En conclusion il propose trois propositions clés pour 2035 et 2050 :
- Donner aux collectivités territoriales, et notamment au bloc communal, les moyens de réaliser leur transition : dès lors que la collectivité aurait produit un plan pluriannuel d’investissement (PPI) permettant une transition crédible, elle aurait accès à un endettement additionnel à bas taux pour ses infrastructures de transition, voire des ressources propres supplémentaires.
- Prioriser la réduction des pollutions, pesticides compris, en particulier dans les « hotspots d’exposition » (c’est-à-dire les territoires qui concentrent et cumulent les pollutions et les vulnérabilités sociales).
- Élargir rapidement la réassurance par l’État à l’ensemble des risques climatiques, par exemple, selon le schéma dessiné par les recommandations du scénario n °2 du rapport Repenser la mutualisation des risques climatiques du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (2025).
« Conclusion
La transition écologique n’est pas seulement un impératif climatique : elle constitue une condition de souveraineté, de protection et de cohésion nationales. D’ici dix ans, l’enjeu est de desserrer au plus vite nos dépendances accumulées, et de refaire prévaloir, face aux déstabilisations environnementales et climatiques, la cohésion nationale. D’ici à 2050, il s’agit d’anticiper pour construire une adaptation proactive et structurelle, à l’escalade des risques climatiques.
Réussir la transition ne consistera donc pas seulement à réduire les émissions. Il s’agira de rendre la France viable, vivable et désirable dans un monde durablement réchauffé. Le scénario tendanciel montre le risque de subir, crise après crise, des transformations brutales ; le scénario souhaitable montre que l’action produira des bénéfices tangibles : souveraineté énergétique et matière renforcées, agriculture plus résiliente, territoires mieux adaptés, santé mieux protégée, biodiversité restaurée, cohésion sociale consolidée. Par ce triptyque « souveraineté, habitabilité, cohésion sociale », la transition écologique sert la devise républicaine : la souveraineté est indispensable à notre liberté collective ; rebâtir la cohésion sociale mise à mal par le dérèglement climatique passe par une nouvelle lecture de l’égalité ; et l’indispensable combat pour l’habitabilité et la préservation du vivant incarne la fraternité.
Cette perspective appelle un changement de paradigme. Nos systèmes économiques, sociaux et administratifs ont longtemps été pensés dans une logique d’optimisation : maximiser la production, réduire les coûts, supprimer les redondances, ajuster les flux. Un monde sous contrainte climatique impose de passer de l’optimisation à la robustesse et à la résilience.
La bonne décision n’est pas toujours la moins coûteuse à court terme, mais celle qui permet au pays de tenir dans l’incertitude, d’absorber les chocs et de préserver ses fonctions vitales.
Dans l’énergie, la mobilité, l’alimentation, l’eau, la santé, les infrastructures ou l’aménagement du territoire, la redondance cesse d’être un gaspillage : elle devient une assurance. Le coût de la robustesse doit être assumé comme le prix de notre continuité collective. La France de 2050 ne devra pas seulement être neutre en carbone et adaptée : elle devra surtout être plus solide, plus juste et plus capable de décider avant que l’urgence ne décide à sa place. »
Mots-clefs : écologie, transitions
